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31 mars 2008
For whom the bell tolls ?
Je me suis longtemps demandé comment on le prononçait, à l’américaine. Sont chiants ces ricains avec leur accent. Au moins à Tokyo, sans piger un mot de japonais, je comprenais le nom des stations de métro, annoncé avant l’entrée en gare. Et heureusement, car circuler en métro me mettait limite en mode panique. Alors, je remerciais les tokyoïtes d’être si silencieux, et attendais avec impatience la voix off qui égrenait les stations. « Akasaka-Mitsuke ». Ouiiiiiii ! J’y suis ! Oh quel pied !
Mais là, comment prononcer ?
Son nom m’est resté en mémoire depuis avril 2004 et son « enlèvement ». Rapport à Armistead, j’imagine. J’aime bien Armistead. Mais je ne vais pas vous saouler, une fois de plus, avec Frisco.
Ce matin, une dépêche Yahoo. Assez laconique, comme d'hab. Elle annonce que l’on vient de retrouver ses « restes », qu’ils sont identifiés, sans équivoque, et renvoyés aux siens. Je lance la vidéo. On le voit en 2004, gamin égaré, assis aux pieds des insurgés cagoulés et kalachnikoffés. "My name is Keith Matthew...". Puis interview de ses parents, so Cincinnati. Ils sont tristes, mais semblent soulagés. 4 ans ont passé. J’imagine que leurs illusions s’étaient envolées. Peut-être. Je ne sais pas.
En tous cas, j’ai bien écouté, et maintenant je sais : on prononce Maôpéne.
Alors je le dis tout haut, et bien correctement : « Matt Maôpéne ».
Comme ça au moins, s’il passe à proximité, il va pouvoir se situer sur le plan.
"Personne n'est une île, entière en elle-même; tout homme est un morceau de continent, une partie du tout. Si une motte de terre est emportée par la mer, l'Europe en est amoindrie. La mort de chaque être humain me diminue, parce que je fais partie de l'humanité, et donc, n'envoie jamais demander pour qui sonne le glas ; il sonne pour toi".
John Donne
23:42 Publié dans Les Choses Qui Comptent (vraiment) | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note
24 mars 2008
Dieu, tard dans la nuit.
(…)
G - Tu ne crois pas en Dieu en fait.
R - Ohlala. Toi, t’as trop bu.
G - Nan mais sérieux.
R - Ben, ça dépend ce que tu entends par Dieu. Si c’est le vieux Monsieur vautré sur un nuage à moitié à poil entouré d’angelots, la réponse est non.
G - T'es vraiment con.
R - Alors genre l’ectoplasme gazeux qui a droit de vie et de mort sur les petits noirs ? Non plus. Mais si tu parles de ce que Hem’M appelle l’Humanisme, là oui, j’y crois.
G - C’est qui Mémène ?
R - Une jeune femme avec qui j’ai parlé à 5h du mat dans un bar de Pigalle. Elle était folle de mon corps. Mais elle m’a jeté elle aussi.
G - C’est pas pareil être chrétien et humaniste.
R - (sourire)
G - C’est pas pareil.
R - Un jour peut-être elle et toi vous comprendrez. Si vous grandissez suffisamment pour redevenir des enfants.
G - …
R - (sourire)
G - Putain t’es chiant ! Allez, raconte Mémène.
R - Je la soupçonne de sympathies orléanistes.
G - WOW !
(…)
20:49 Publié dans Rod News | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
16 mars 2008
We're like crystal. We break easy.
On est fait de cristal, les Gens. Le temps, les maladroits, les malheureux, nous ébrèchent, nous fendillent. Parfois même, c’est la grande fracture. Tchaaaakkk ! Deux morceaux. Sainte-Super-Glue, priez pour nous.
On envie la solide argenterie. Sans voir qu’elle est bien cabossée. Qu’elle est souvent fausse. Que la couche de métal précieux est si fine. Usée aux angles. Qu’elle laisse apparaître la ferraille par plaque.
Oh oui et puis on blesse aussi. On égratigne. On écorche. On coupe. On tranche. On fait pisser le sang.
Alors, on peut s’enfermer dans la vitrine. Bien à l’abri, on regarde le défilé du monde, des danseurs sur une piste. Leur pogo nous terrifie. Leurs gestes sont tellement désordonnés. Certains peuvent nous cogner. Nous faire voler en éclats. Mais ouf, dans la vitrine on est sauvé. Avec les autres bibelots. Tiens, on ne les avait pas remarqués ceux là. Enfin, on les avait oubliés. Comme ils sont empoussiérés…
Où alors on se lance sur la piste, nouvelle boule à facettes. On s’inscrit dans le grand désordre. On joue des coudes. Parfois, on en entaille. Et on tournicote, en fredonnant you shock me to the core you shock me to the core… un sourire insolant au lèvres, bien conscient du grand fracas potentiel, du big bang aux mille étincelles. Oui. Mais quelle jolie fin, non ?
19:28 Publié dans Les Choses Qui Comptent (vraiment) | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note
13 mars 2008
One of these mornings, the chain is gonna break. But up until then, yeah, I'm gonna take all I can take.
Comme disait Cre , « J’ai voté Alain Juppé car c’était le seul à porter un projet d’avenir pour Bordeaux ».
Euh, non, je confonds. Reprenons.
Comme disait Cre, « Ah, il s'en passe des choses palpitantes et complètement essentielles sur le Net. Après la chaîne du "qu'est-ce qu'y a dans ton frigo" ou la chaîne du "c'était quoi la troisième ligne de ton vingt-sixième billet", voici la chaîne des "six tocs ou manies". Et c'est grâce à KentuckyFriedChickenBébé que je n'y échappe pas. Je vais bientôt lancer la chaîne des "trois orteils préférés". Ca va être passionnant.”
Six manies passionnantes, voyons voyons…
Je garde mes tickets ciné (d’habitude ils sont dans une boite en marqueterie de Sorrente, dans laquelle se trouve par ailleurs 3 plumes de geai)
Je finis toujours un livre, mais bon, quand il me pompe grave, il atterrit aux toilettes où je le termine. (cette manie est devenue une légende urbaine. vous ne pouvez imaginer le nombre de fois où j’ai entendu, au travers de la porte de petit coin, « Où qu’il est Rodolphe ? » « Entrain de lire aux toilettes, j’imagine »).
J’ai tout essayé, mais je trouve que le mieux, c’est dessus, le nez blotti dans la tendresse du cou. Et accessoirement je ferme toujours les yeux.
Je préfère boire mon champagne dans une coupe, plutôt que dans une flûte. Le dilemme coupe/flûte m’a longtemps obsédé. J’ai tranché. C’est ça, devenir adulte.
Je grimpe toujours les collines, les tours, les donjons, à chaque fois que je me balade dans un lieu nouveau, ou pas nouveau. Les points de vue sublimes renforcent ma vanité.
Je découpe dans les journaux tous les articles qui parlent de Pierre Mauroy ; je les collent consciencieusement dans un album ; et, parfois, je me touche en le feuilletant.
Il fallait six manies, or j’en ai indiqué sept, l’une étant une parfaite invention. Amuse toi Les Gens : découvre laquelle.
Je passe la chaîne à Les Gens (colonne de droite), afin d’étendre mon emprise sur la Blogosphère.
12:38 Publié dans Rod News | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note
07 mars 2008
Le prix de l'endive
Le RER C. Je suis vanné. Je ferme les yeux. Tous ces palabres j’en ai ma claque. J’ai joué franc jeu. Je suis trop vieux maintenant pour les compromissions. Et il me reste si peu d’illusions. Dans le monde du travail, je veux dire. Dans la vraie vie, c’est une autre histoire. J’ai marqué des points. Enfin, je crois. "Rodolphe, vous êtes convainquant" (C’est parce que je suis un honnête homme, votre seigneurie). J’aimerais que tout cela se finalise. J’aime bien le quartier. J’y ai des souvenirs. C’est fou quand j’y pense. J’avais 11-12 ans et je prenais le métro comme un grand pour aller seul au ciné. Je sais que j’avais moins de 13 ans car je devais vérifier l’âge limite pour certains films. J’étais bien tenté par les péplums érotiques, genre Caligula de Bon Guccione, vous voyez le genre. Mais interdit aux moins de 13 ans. Alors, je voyais Hair. Fame. Love Story en redif. Puis en fin d’après-m’ je rejoignais mon oncle à son bureau, rue Caumartin. Il passait prendre un whisky au Bar R. J’étais un peu troublé par les fresques. Romaines dénudées justement. Il faudrait que je vous parle de mon oncle. Mais là je suis claqué.
J’arrive enfin. Il est tard. Je jette un œil à mes mails. Je dois décliner le week-end Normand, après le Breton. Les gens sont gentils, et j’ai peur de les fatiguer. Melle P m’engueule. Des spams. Pas de nouveaux commentaires.
Hey …
ca va? im doin pretty good here, i havent blogged in a while but things are doing pretty good. i just havent found the energy to sit and blog as much as last time, we work alot, 14-17 hr days. How is life with u in france?
d.
Un mot de D sur le Livre des Visages. J’ai lu son dernier post il y a quelques jours, après un long, toujours un peu inquiétant, silence. Il y parle, si bien, de la tension dans les yeux des Iraquiens, des caches d’armes *neuves* découvertes presque journellement, de la poussière et de l’épuisement. Je voudrais commenter, mais je n’y arrive pas, je ne trouve pas mes mots. Mais là évidemment il me faut répondre. C’est important. C’est drôle aussi. On ne s’est jamais vu bien sur. Tout nous éloigne (quoi que). Mais, finalement, quand cela ne va pas trop, il vient vers moi, réclame le signe. De l’honnête homme ?
Je demande des nouvelles de sa mère. Elle est croupière à Vegas, ça m’éclate. J’essaie de le faire rire. You know, for us here, same old shit: eating frogs and snails. Ou encore : Maybe because I was a soldier myself (ok French army, don’t laugh). Je ressors ma resucée de garde du Mur : The Russian din’t attack. Coincidence ? Je ne sais pas quoi écrire en fait, mais est-ce si grave ?
Pendant ce temps, au JT du soir, les ménagères parlent de la hausse du prix de l’endive. C’est vrai qu’elle est chère, l’endive.
21:01 Publié dans Les Choses Qui Comptent (vraiment) | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note







