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30 novembre 2007
Les perdants de Dieu
Alors, j’y reviens. La faute à la Tzarine. Peut-être pour en finir aussi (peut-être, j'ai dit), mais c’est promis, la prochaine fois, on rigole.
Par où commencer. Par les yeux peut-être. Nous avions tous trois les yeux bleus. Mais d’un bleu si différent, d’une mélancolique opacité de lac pour l’un, distillant la gène, le soupir, le tortillement de doigts ; clair et chantant comme l’eau du torrent pour l’autre, imposant le sourire, la soif de grand air et les jeux de chenapans.
On me parle des miens, on y lit des choses, que mes guignolades ne masquent rien. J’imagine.
On me parle de deuil.
Le deuil est fait mes amis. J’ai perdu le petit buddyboy, j’ai perdu un frère, mon père, une sœur bien avant, des amitiés qui comptaient, et l’amour (so far). La belle affaire. Vous avez coché votre part les Gens ? Ca donne quoi ? égalité ? 4/6 ? 3 de plus ? Je n’ai ni plus ni moins souffert que tout un chacun. La vie est une histoire qui finit mal :)
Alors pourquoi ressasser tout ça ? Pourquoi pas un grand ménage du printemps, emballé c’est pesé.
Passé le fait que mon dernier post parlait moins du deuil que de la difficulté de le partager, Cally est mort, et cela a été dur. Et si j’avais été, à l’instant où je l’ai appris, roulant sur une route de l’Idaho, sans doute me serais-je garé pour hurler comme Régine Chassagne ma rage et mon désespoir. Mais je n’ai pas hurlé, j’ai raccroché. clic. Et le deuil s’est fait.
Celui là en tous cas. Car ce n’est pas la mort de Cally qui revient et revient et revient encore, sur ce blog, c’est autre chose.
Lorsque j’ai commencé à me rendre aux US régulièrement, j’ai renoué avec mon frère installé à L.A. et pas vu depuis plus de 10 ans (mon frère pour l’état-civil uniquement. Trop long à expliquer, on n’est pas dans l’Idaho) et j’ai fait connaissance avec Cally à cette occasion (trop long/pas Idaho).
Tous deux sont nés sous l’argument facile de la mauvaise étoile, enfants malheureux, négligés, ni désirés, ni aimés. Mon frère ne s’en est jamais remis. Noyé par les jours passés, inconstant, tour à tour mélancolique et flambeur, autodestructeur. Mais Cally lui, issu d’un même cloaque, resplendissait de bonheur, de candeur et d’espièglerie. Et j’ai trouvé cela merveilleux. Je me suis dis que, oui, rien n’était jamais perdu, quelques soient les cabossages de la vie, que tout était possible, que personne n’était condamné, qu'on pouvait, qu'on se devait, de vivre dans l’espérance.
Et Cally était l’incarnation de ce sentiment. Alors, quand il est mort en Irak, pour qui, pour quoi, quelque chose d’énorme s’est effondré, tout un monde en moi, remplacé par un vide sidéral :
Mes amis, il n’y a rien à faire, car décidément, Dieu a ses perdants.
Arcade Fire
18:40 Publié dans Les Choses Qui Comptent (vraiment) | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
27 novembre 2007
Should I sort of bring’em all to Idaho?
People don’t understand, bro. I tried, but it’s the way things have to be. I can’t tell the whole story. I can’t explain all’n stuff. I mean, I can tell it, but it doesn’t work. Writing is ok, cuz words are just thrown away and maybe they touch a soul, maybe not. It doesn’t really matter. I’m already far away. But I can’t tell the story to someone, face to face. Cuz you know, if you’re not a moron, or not drunk enough, you realize that it doesn’t work and you just feel pathetic, in the end.
Though. Not totally true. I can tell the story, but I need a very specific instant in a very specific place. Could be, let’s say, during a walk on a long beach like the ones we get in the South-West of France… or a highway crossing Idaho (this is more meaningful for you fucking redneck :) When? At the very exact place, when the road has already been long, and I’ve just reached the middle of nowhere, and I feel the trip’s gonna last sort of for ever, and I think it’s great and I'm a fucking lucky bastard. The car is cruising. Then it’s ok, it’s the right time, cuz I’m nowhere, and you’re everywhere, so I can tell the story, and the words are flying gently and they’re telling your life, and all lives, they’re telling the friendship, and they’re telling the youth, and they’re telling yesterday’s laughs, and they’re brightening the sky, and they make me cry, and they make me smile.
You didn’t manage to walk on my beach buddy, but yeah, Idaho is a right place to tell the story. Yeah, Idaho.
Interstate 15, Idaho, (merveilleuse photo) par Plouf - C. par Jay (non moins) - Soundtrack : Arcade Fire
00:00 Publié dans Les Choses Qui Comptent (vraiment) | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
15 novembre 2007
If you come to San Francsico (and get thirsty)
Oui. Hum. Ne vous pointez pas avec des fleurs dans les cheveux. Les douaniers n’ont pas fait l’école du rire.
(en même temps Plouf s’est fait tripoté l’index pendant une heure, car, *comme par hasard*, la machine à empreinte digitale marchait mal)
(ben voyons)
(moi il ne m’a rien tripoté du tout le douanier)
(à cause de l’alliance d’après Plouf)
(mouais)

Alors évidemment vous connaissez Plouf, il m’a traîné à mon corps défendant dans des endroits de perdition appelés communément « bars ». Comme l’expérience était nouvelle pour moi coughcough j’ai tenu a immortaliser cela
photo © Plouf.

Mario’s, dans North Beach, la tanière.
(après nos longues journées à arpenter les collines, acheter des t-shirts atroces (Plouf), se retenir d’embrasser les chihuahuas partout sur la truffe (moi), on se posait là tranquiloubilou, boire une (genre) Anchor Steam, hypnotisés respectivement par le serveur et la serveuse)
(le serveur c’est le truc flou sur la photo)
(je n’ai pas pris la serveuse)
(je suis trop timide)

Un autre bar de North Beach
(faisait un peu bar à putes)
(on n’y est pas retourné, on est un peu coincé comme mecs)

Le Tosca Café.
(une institution, et bien des souvenirs pour votre serviteur qui l’a écumé au temps jadis de son insouciante jeunesse)
(oui j’ai menti je suis déjà allé dans des bars)
(à décharge nous sommes tombés ce soir là sur le pot de départ à la retraite de Bob) (bastard)

Dans China Town.
(incroyable hein ? je vous jure c’est China Town !)

Loris Dinner dans Girardelli
(le serveur a été très méchant avec Plouf)
(il ne voulait pas lui donner ses French fries)

Le Butterfly, Salt Lake City
(j’en ai déjà causé là, alors je ne vais pas insister sur le fait que j’y ai été absolument gorgeous)

Dans le Mall (orf !) de Salt Lake City.
(en fait ce n’est pas le Mall. Le vrai on l’a découvert à notre retour à SLC quelques jours plus tard)
(entre-temps j’ai envoyé une gentille famille qui le cherchait complètement à l’opposé)

A Garden City, juste à la frontière Utah-Wyoming
(Plouf est resté tout le déjeuner les yeux fixés sur le gars en vert) (c’est agréable)

StarBucks
A French Touch in the American Way of Life
(tu parles)
photo © Plouf

3 Grizzlies, West Yellowstone, Montana
(un seul mot)

Le Million Dollar Cowboy Bar, Jackson Hole, Wyoming
(cowboys, orchestre country et tout)
(on a été invité à danser mais on s’est dégonflé.
on n’a pas tellement de quéquette en fait)
(ou peur du ridicule ?)
(oui, on va dire ça, plutôt)
09:45 Publié dans Rod se promène... | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
10 novembre 2007
Back to pretty good days
Comme toutes les feuilles sont brunes,
et que le ciel est gris,
je suis allé me balader,
en ce jour d’hiver.
Sauf que 1/ c’est l’automne et 2/ en fait de balade je rentre du ciné. Dans la vallée d’Elah, c’est ça que j’ai vu. Mais les critiques ciné je ne sais pas faire. Donc à la place, retour sur Frisco, car c’était top, et puis vous savez l’effet que grimper et dévaler les collines produit sur mon anatomie.
(y compris dans une grotesque Chrysler cabriolet blanche)
(le monsieur noir préposé à la sortie du loueur nous a lancé un « nice car! »)
(c’est ça, fous toi de notre gueule)
(en plus j’ai cramé, d’où la casquette JacksonHoleWyoming)
(nice cap!)
(fuck you)

Le Golden Gate vu de Fisherman's avec des saloperies de mouettes

Telegraph Hill. Cherchez la Reine

Le Bay Bridge, rarement pris en photo, peut-être parce qu’il n’est pas peint en jôôÔÔôône hihi

Hommage à la virilité des pompiers. Madame Coit, vous êtes une petite coquine

De Vista Point.
(j’y passerais des heures)
(I miss you buddies)

On en a bu *largement* un camion

Chez Mario’s dans North Beach. Notre tanière. Moi j'étais amoureux de la serveuse et Plouf du serveur
(c'est pratique parfois les orientations sexuelles)
(on n'a pas conclu)

San Francisco sans Pyramid Tower, New York sans les Twins…

Un truc qui nage mieux que Plouf
(sans AussieBoum)

Là on descend après on monte après on descend après on monte après on est tout pouitré dans son Levis

Mon coeur que je dépose aux pieds de ……… <- mettre son nom
Si cela vous dit les gens (si cela vous ne dit pas, c'est un peu pareil) je poursuivrai avec une série spéciale bar, parce que ça donne soif.
20:30 Publié dans Rod se promène... | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note




